5 à 7 % des élèves (1 à 2 par classe) sont EIP, filles et garçons également touchés mais réagissent différemment. Filles non détectées car souvent plus adaptées au moule de l’éducation nationale, plus introverties mais toujours en souffrance.
1/3 n’iront pas jusqu’au lycée, 1/3 feront des études moyennes, 1/3 des études brillantes
ETRE E.I.P. n’est pas être surdoué : FONCTIONNEMENT INTELLECTUEL PARTICULIER marqué PAR DES FACTEURS D’ORDRE PSYCHOLOGIQUE ET AFFECTIF
Fulgurance : traitement de l’information plus rapide, plus intuitif et une grande mémoire
Compétences ou résultats obtenus sans effort, sans méthode de travail
Hyper éveillé, hyper vigilant, hypersensible, empathique, impatient
Doute, s’interroge sans cesse
Cherche à être rassuré d’où les questions saugrenues en cours, le besoin de dialogue et d’écoute
Troubles du comportement : manque de sommeil, cauchemars, retrait social, dépression, des TOCs, anxieux, agressif, mythomane…
Problème de comportement (insupportable, agité ou inhibé, coupe la parole, questionne, lève les yeux au ciel, dédaigneux, critique, hostile, non respect de règles ou les discute, argumente….)
Difficultés de compréhension des consignes (ambiguïté, complexification)
Pensée en arborescence (rapidité et nombreux liens associatifs)
Intuitions mathématiques : difficultés à démontrer
Loi du moindre effort
Tête de Turc
(identité changée, propos gardés intacts) :
Tout au long de mon parcours, je me suis toujours sentie profondément stupide.
Je n’ai jamais réellement pu apprendre par cœur et réciter mot pour mot mécaniquement. Apprendre les tables de multiplication fut un calvaire
avec Monsieur X, c’était « l’éclate ». Dans ses devoirs, il fallait trouver des problématiques, un plan, argumenter… En cours, il y avait de vrais échanges, il était exigent. Certains le trouvaient fou ; moi, je l’adorais ! Avec Madame Z, l’année suivante, ce fut une lente agonie au fond de la classe. Les devoirs se résumaient à un titre de chapitre… Il suffisait de réciter par cœur et dans le bon ordre !… Certains adoraient cela, moi je détestais.
les questions des contrôles me semblaient tellement simples que, persuadée du piège sous-jacent, je cherchais des difficultés et finissais par répondre à côté. Je ne savais jamais réellement si j’avais réussi ou échoué, tellement j’avais du mal à comprendre ce que l’on attendait de moi
Les réflexions déplacées de certains profs, manquant profondément de finesse d’esprit, m’ont parfois anéantie. Je restais cependant persuadée que j’aurais pu, moi aussi, taper là où ça leur faisait mal, mais je m’y refusais. Par contre, j’ai toujours su user de flatteries bien à propos et aux moments opportuns afin d’arriver à mes fins
Mes relations sociales étaient médiocres. J’aurais pourtant tout donné pour être acceptée et avoir le même humour que mes camarades… mais, c’est comme s’il y avait une barrière invisible entre eux et moi. La vie me semblait grave et je n’arrivais pas à être légère. Ce qui amusait la plupart des gens de mon âge ne m’amusait pas et je m’ennuyait beaucoup en leur compagnie.
Les faits que je viens d’énumérer brièvement m’ont fait penser pendant très longtemps que j’étais bête et un peu folle :j’ai profondément souffert à l’école et en dehors.
Tom 9 ans en 6ème :
Hyperactif
Ne contrôle pas ses gestes, impulsif
Ne trouve que du réconfort auprès de ses animaux
Pleure tous les jours sous la douche
Peu ou pas d’ami
Joue en ligne, cherche sans cesse à se surpasser, à évoluer mais sur le net seulement
Un jeune garçon de 12 ans :
7/06/2007 Arnaud, (diagnostiqué EIP à 6 ans) "tête de Turc" de ses camarades de classe au Collège Notre-Dame de Basse-Wavre, s’est suicidé.
son immaturité sociale l’avait condamné à l’exclusion au sein de son école. Selon une élève, le jeune garçon "agaçait les profs, les élèves et était rejeté par tout le monde".
Quelques heures avant son geste fatal, Arnaud avait été exclu d’un cours et une élève, excédée, lui avait lancé à la tête une vanne.
PIERRE 27 ans diagnostiqué EIP à 22 ans
Déjà en maternelle, je me rappelle que toutes les activités me barbaient, que je les terminaient très rapidement. Je devais donc aller au coin lecture, je regardais des BD ou je rangeais car, déjà à cet âge, je n’aimais pas le désordre. Je ne tenais pas en place. Je cherchais sans cesse le moyen de me dépenser.
Lors du CP et du CE1, j’avais toujours fini les problèmes et les exercices avant tout le monde et je ne tenais plus en place. L’enseignante ne me faisait pas confiance : elle me demandait de vérifier encore et encore mes exercices. Je lui demandais d’autres exercices mais elle ne voulait jamais. Je devais donc, là aussi, aller au coin lecture et les autres élèves me « regardaient de travers » car je finissais toujours le premier tandis qu’eux devaient continuer de plancher sur leurs exercices.
En CE2, tout est devenu plus difficile l’enseignante n’arrêtait pas de me dire j’allais chercher midi à 14 H.
En CM j’ai commencer de lâcher prise. L’enseignant me disait, que le résultat était évident. En fait, il l’était tellement pour moi qu’à chaque fois, je ne croyais pas que ça puisse être si simple car je voyais mes collègues chercher et encore chercher. Au final, le résultat que j’avais trouvé à la première lecture mais en lequel je ne croyais pas était bien le bon. Mais comme je m’étais trituré l’esprit, j’avais répondu complètement à côté et j’avais toujours ce fichu « FAUX » à mes exercices.
Je me souviens, l’enseignant avait donné un exercice plutôt complexe personne ne réussissait à trouver. l’enseignant m’a interrogé et je me suis entendu parler de photosynthèse ! Il était surpris que j’ai la réponse, mais ce n’est pas pour autant qu’il a chercher à comprendre comment je pouvais connaître tout cela (je ne le savais pas moi non plus !!!).
« Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. » Charles Baudelaire ; L’albatros.
Les E.I.P. dans l’établissement :
Notre projet est simplement d’être attentif à ces différences, et accompagner au mieux les élèves dans leurs apprentissages. Si ces enfants en ressentent le besoin, si leurs parents sont d’accord, nous les invitons à des rencontres tous les quinze jours le lundi midi autour d’un pique-nique. Cette année pour donner un petit coup d’élan à nos rencontres, les jeunes travaillent autour d’un projet « environnement ».
Nous proposons aussi à chacun une enseignant référent que le jeune peut rencontrer quand il en ressent le besoin.